Comprendre
Que dire à son enfant en phobie scolaire ? Les phrases qui aident
Par Romane Pouillot, fondatrice de Petites Marches · Publié le 15 octobre 2026

En bref
- Choisis le bon moment : jamais le matin devant la porte.
- Commence par dire que tu le crois.
- Évite les phrases qui culpabilisent ou qui minimisent.
- S'il ne veut pas parler, propose d'autres façons de s'exprimer.
- Parler du collège, oui ; mettre la pression, non.
Choisir le bon moment
Le pire moment pour parler du collège, c'est le matin, quand l'angoisse est au maximum. Le soir, au calme, c'est mieux. Et souvent, côte à côte marche mieux que face à face : en voiture, en marchant, en cuisinant ensemble. Le regard n'est pas fixé sur lui, la pression baisse.
Les phrases qui aident, et celles à éviter
| Phrases qui aident | Phrases à éviter |
|---|---|
| « Je te crois. » | « Fais un effort. » |
| « Ce n'est pas de ta faute. » | « Tout le monde y va, pourquoi pas toi ? » |
| « On ne va pas te forcer. On va avancer à petits pas. » | « Tu vas rater ta vie. » |
| « Qu'est-ce qui est le plus dur, au collège ? » | « Tu exagères, ce n'est rien. » |
| « Sur 10, ta peur est à combien ce soir ? » | « Tu me fais honte. » |
| « On va voir quelqu'un qui connaît bien ça. » | « Si tu n'y vas pas, tu es privé de… » |
Les phrases de gauche ont un point commun : elles reconnaissent ce qu'il vit et elles ouvrent une suite. Celles de droite, même dites avec de bonnes intentions, ajoutent de la honte à la peur.
La note de peur sur 10 : un outil simple
Demander « sur 10, ta peur est à combien ? » a trois avantages :
- c'est plus facile de donner un chiffre que de raconter ;
- tu peux suivre l'évolution jour après jour ;
- tu as une donnée concrète à montrer au médecin.
Note-la chaque matin dans un petit journal, avec ce que tu observes.
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S'il ne veut pas parler
C'est fréquent, surtout chez les adolescents. Ne pousse pas. Propose-lui :
- d'écrire ce qu'il ressent, ou de t'envoyer un message ;
- de dessiner, pour les plus jeunes ;
- d'en parler à quelqu'un d'autre : un proche, l'infirmière du collège, un soignant.
Et dis-lui simplement : « Quand tu voudras, je suis là. » Cette porte ouverte compte plus que la conversation elle-même.
Parler du collège sans mettre la pression
- Parle des petits pas, pas de l'objectif final. « Et si on passait juste devant le collège samedi ? » plutôt que « Lundi, tu y retournes. »
- Associe-le aux décisions. « Qu'est-ce qui t'aiderait, là-bas ? Un endroit calme ? Arriver plus tard ? »
- Valorise chaque marche, même minuscule.
- Garde des moments sans parler du collège du tout. Ton enfant n'est pas que sa phobie scolaire.
À lire aussi : Mon enfant ne veut plus aller au collège : les premiers gestes
Ce qu'il faut retenir
Les bons mots apaisent, mais ils ne suffisent pas toujours. Il faudra aussi un médecin, des aménagements au collège, un dossier bien tenu. Le guide Petites Marches t'accompagne étape par étape, en commençant par celle-ci : comprendre et parler avec ton enfant.

Le guide complet des parents d'un collégien en phobie scolaire
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Sources
- Ministère de l'Éducation nationale : www.education.gouv.fr
Cet article est informatif. Il ne remplace pas un avis médical ou juridique. Les règles évoluent : vérifie toujours auprès du service concerné. Si ton enfant parle de se faire du mal : 3114 (gratuit, 24 h/24) ou 15 en urgence.


